Ouvrir un compte titre pour son enfant dès la naissance est l’une des décisions financières les plus puissantes que l’on puisse prendre en tant que parent.
Pourquoi ? Parce qu’il existe un avantage que vous ne pourrez jamais rattraper : le temps. Celui qui permet aux intérêts composés de transformer de petits versements réguliers en un capital conséquent sur le long terme.
Imaginez : avec 1 000 € de départ et 100 € investis chaque mois, votre enfant pourrait disposer de plus de 70 000 € à 25 ans avec un rendement moyen de 6 %. Et tout cela grâce à une seule décision prise aujourd’hui.
En tant que jeune papa, j’ai choisi d’investir pour mon fils dès sa naissance afin de lui constituer un capital pour son avenir. Dans cet article, je vous montre concrètement comment j’ai procédé, du choix du courtier à la mise en place de ma stratégie jusqu’à la transmission du portefeuille à sa majorité.
Avant d’entrer dans le concret, prenons un instant pour comprendre pourquoi le compte-titres (CTO) est un outil aussi pertinent pour investir pour son enfant.
I- Pourquoi j’ai choisi le compte-titres plutôt qu’un livret d’épargne ?
Le compte-titres (CTO), c’est avant tout l’outil de la liberté. Contrairement aux livrets d’épargne réglementés, vous n’êtes pas limité : vous pouvez investir ce que vous voulez, quand vous voulez, et surtout choisir vous-même vos supports (actions, ETF, etc.).
Mais au-delà de l’outil, la question à se poser est : qu’est-ce que ce choix peut réellement changer pour mon enfant ?
1- Investir pour son enfant avec un CTO : quels avantages concrets ?
Si j’ai choisi d’ouvrir un compte-titres pour mon fils dès sa naissance, ce n’est pas pour spéculer, mais pour lui offrir des avantages que les livrets d’épargne ne pourront jamais lui apporter :
- Un vrai potentiel de croissance : Sur le long terme, les marchés financiers ont historiquement fait bien mieux que les livrets d’épargne classiques. Là où un Livret A protège à peine contre l’inflation, le compte-titres permet de faire réellement grossir un capital.
- La puissance des intérêts composés : C’est l’effet « boule de neige ». Plus on commence tôt, plus le capital travaille longtemps. Avec le temps, ce sont les intérêts qui finissent par travailler plus dur que vos propres versements.
- Une protection contre l’inflation : En investissant dans des entreprises (actions), vous détenez des actifs réels. C’est, à mon sens, l’un des meilleurs remparts pour préserver et augmenter le pouvoir d’achat de votre enfant face à la hausse des prix sur le très long terme.
- Le temps comme bouclier contre le risque : À court terme, les marchés sont volatiles. Mais sur 25 ans, ces variations deviennent secondaires. Les baisses ne sont plus des menaces… mais souvent des opportunités d’investir à meilleur prix.
Finalement, investir pour son enfant via un compte-titres, c’est lui offrir le choix : financer ses études, constituer un apport pour acheter son premier bien immobilier ou lancer son premier projet.
Voyons maintenant ce que cela peut représenter concrètement.
2- Simulation : quel capital pour votre enfant avec un CTO ?

Prenons un exemple concret en réalisant une simulation avec un capital de départ de 1000 € et 100 € investis chaque mois pendant 25 ans. Voici ce que cet effort d’épargne peut représenter pour votre enfant à l’âge adulte.
- Avec 6 % de rendement annuel, votre enfant disposerait d’environ 72 000 €.
- À 8 %, ce capital approche les 100 000 €.
- Et à 10 %, il dépasse les 136 000 €.
Ces chiffres ne sont pas là pour vous faire rêver, mais pour permettre de se projeter concrètement. Parce qu’au fond, il s’agit d’offrir à son enfant une longueur d’avance afin qu’il puisse construire ses propres projets à sa majorité.
Et c’est probablement ça le plus important. Se dire qu’avec une simple habitude d’épargne, on peut offrir à son enfant une base solide pour démarrer dans la vie.
⚠️ Bien sûr, il faut rester lucide : La bourse comporte des risques et ces chiffres restent des estimations. Les performances passées ne garantissent jamais les résultats futurs.
Au final, peu importe que vous investissiez 50 € ou 500 € par mois. Ce qui compte vraiment, c’est de commencer le plus tôt possible… et de tenir sur la durée.
📌 Note : J’ai réalisé ces simulations avec ma calculatrice d’intérêts composés, que vous pouvez télécharger gratuitement ci-dessous.
Versions Excel et Google Sheets prêtes à l’emploi.
Maintenant que les bases sont posées, voyons comment j’ai construit la stratégie d’investissement pour mon fils.
II- Ma stratégie d’investissement pour le compte-titres de mon enfant :
Investir pour son enfant est un marathon, pas un sprint. Quand on a 25 ans devant soi, on n’a pas besoin de prendre des risques inutiles ou de passer ses soirées à suivre les marchés.
C’est pourquoi j’ai fait le choix d’une approche passive, afin d’y consacrer le moins de temps possible.
⚠️ Important : Ma stratégie est présentée ici à titre pédagogique pour partager mon expérience de parent. Elle ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Vous restez seul responsable de vos décisions financières.
1- Investir pour son enfant avec la gestion passive :
La gestion passive est une stratégie d’investissement dont l’objectif n’est pas de chercher à battre le marché, mais de répliquer fidèlement sa performance. Au lieu de passer du temps à analyser et à sélectionner des actions individuelles en espérant qu’elles surperforment, l’investisseur passif achète l’ensemble d’un marché.
C’est pour cette raison que j’ai choisi d’investir via les ETF (ou « trackers »).
Un ETF, pour faire simple, est un panier d’actions qui reproduit la performance d’un indice. Par exemple, au lieu d’acheter chaque action du CAC 40 une par une, vous pouvez acheter une seule part d’un ETF qui les regroupe toutes. C’est plus efficace, plus rapide et beaucoup moins coûteux.
Pourquoi cette stratégie est-elle la plus adaptée pour un enfant ?
- Une diversification immédiate : En une seule ligne, vous investissez dans des centaines, voire des milliers d’entreprises.
- Des frais réduits : Les ETF affichent des frais de gestion minimes, souvent compris entre 0,10 % et 0,50 % par an.
- Une gestion simplifiée : Une fois en place, le suivi ne prend que quelques minutes par mois. C’est simple et automatisable.
En d’autres termes, cela permet de bâtir un portefeuille diversifié, performant et à moindres frais, tout en laissant le temps travailler pour votre enfant.
Passons maintenant au cœur de la stratégie : quels ETF choisir et comment bien structurer le portefeuille de son enfant ?
2- Quelle allocation choisir pour le compte-titres de son enfant ?
Une fois l’intérêt des ETF compris, il reste à construire une allocation cohérente afin d’éviter un piège classique : la fausse diversification. Pour le portefeuille de mon fils, j’ai opté pour une approche basée sur un concept clé : la corrélation.
La corrélation mesure la façon dont deux actifs évoluent l’un par rapport à l’autre :
- Proche de 1 : Ils évoluent dans le même sens.
- Proche de 0 : Ils évoluent indépendamment.
- Négative : Ils évoluent en sens opposé.

Le piège à éviter : Beaucoup pensent diversifier en combinant un ETF S&P 500, un Nasdaq et un World. En réalité, ces indices sont fortement corrélés, car ils sont largement exposés aux mêmes grandes valeurs technologiques américaines. Et en cas de secousse sur ce secteur, c’est l’ensemble de votre capital qui va être impacté.
Pour construire un portefeuille réellement diversifié, j’ai choisi deux piliers complémentaires :
- Le MSCI World : Pour capter la croissance des 1 300 plus grandes entreprises des pays développés.
- Le Bitcoin : Pour sa rareté et sa décorrélation face aux actions, malgré sa forte volatilité. Mon objectif est d’ajouter ici un moteur de performance supplémentaire au CTO de mon fils.
Voilà comment se traduisent ces choix dans son portefeuille : 90 % de MSCI World et 10 % de Bitcoin.

📌 Alternative : J’aurais également pu opter pour d’autres combinaisons décorrélées, comme un ETF S&P 500 ou World combiné avec un ETF Émergents, ou avec de l’Or. La logique reste exactement la même : chercher des moteurs de croissance complémentaires qui ne réagissent pas de la même manière aux crises.
Voyons maintenant comment j’ai choisi les ETF permettant de mettre en place cette stratégie.
3- Quels ETF choisir pour un enfant (et ma méthode pour les sélectionner) ?
Pour sélectionner les ETF du compte-titres de mon fils, j’utilise JustETF. C’est un site largement utilisé pour analyser et comparer facilement les ETF disponibles sur le marché.
Mais attention, tous les ETF ne se valent pas, même lorsqu’ils suivent le même indice. Et pour vous aider à bien les choisir, j’ai défini 6 critères de sélection :
- Encours > 1 milliard € : Pour garantir une bonne liquidité et limiter le risque de fermeture du fonds.
- Frais (TER) ≤ 0,30 % : Sur 25 ans, chaque 0,1 % de frais économisé peut représenter des milliers d’euros de capital final en plus.
- Ancienneté > 5 ans : Pour disposer d’un historique suffisant.
- Réplication physique : Pour détenir réellement les actifs sous-jacents (actions).
- Diversification des émetteurs : Pour ne pas dépendre d’un seul acteur.
- ETF Capitalisant (Acc) : Pour réinvestir automatiquement les dividendes et booster les intérêts composés.
A. Un ETF Monde : la base du portefeuille (90 %)
Pour couvrir les grandes entreprises des pays développés, j’ai choisi le iShares Core MSCI World UCITS ETF (Acc) (ISIN : IE00B4L5Y983). C’est la véritable colonne vertébrale du portefeuille.
- Émetteur : BlackRock (leader mondial de la gestion d’actifs).
- Encours : plus de 115 milliards €.
- Frais : 0,20 %.
- Création : 2009.
- Réplication : physique.
- Distribution : capitalisant.
- Prix de part : environ 116 €.
Pourquoi un ETF World plutôt qu’un ETF S&P 500 ?
Le S&P 500 est un excellent indice. Il regroupe les 500 plus grandes entreprises américaines et a historiquement offert de très belles performances. Mais il repose sur un pari unique : la domination durable des États-Unis.
Pour un investissement à très long terme, surtout pour mon enfant, j’ai préféré une approche plus « équilibrée » avec le MSCI World.
Cet ETF permet d’investir dans plus de 1 300 entreprises réparties dans 23 pays développés. Il conserve une forte exposition aux États-Unis (environ 72 % actuellement), tout en intégrant d’autres grandes économies comme l’Europe et le Japon.
Sachant que les États-Unis représentent un peu plus de 60 % de la capitalisation boursière mondiale, cette répartition me paraît assez cohérente. Avec un ETF MSCI World, on suit l’économie mondiale dans son ensemble, plutôt que de se concentrer sur un seul pays.

Résultat : On profite de la puissance économique américaine sans en dépendre entièrement. Certes, cela peut parfois légèrement réduire la performance… mais en contrepartie, le portefeuille offre une répartition plus équilibrée à l’échelle mondiale.
B- La touche de dynamisme : le Bitcoin (10 %)
Pour dynamiser l’ensemble, j’ai ajouté une petite allocation de Bitcoin. Ce choix peut surprendre, mais il s’inscrit dans une logique de diversification.
- Offre programmée et rare : Contrairement aux monnaies classiques.
- Comportement atypique : Il ne dépend pas directement des marchés financiers traditionnels.
- Pondération maîtrisée : Avec 10 % de l’allocation, l’impact d’une forte baisse est limité, tandis que le potentiel de hausse peut agir comme un véritable « turbo » sur 25 ans.
Cela reste toutefois l’actif le plus volatil du portefeuille, capable de fortes hausses… comme de fortes baisses. L’objectif n’est pas de spéculer, mais d’ajouter une source de diversification et de performance potentielle sur le très long terme.
Voyons maintenant concrètement comment j’ai structuré mon plan d’investissement.
4- Mon plan d’investissement : capital de départ et versements mensuels
Pour investir sur le compte-titres de mon fils, j’ai choisi la méthode du DCA (Dollar Cost Averaging). Cette méthode consiste à investir un montant fixe à intervalles réguliers, quelles que soient les conditions de marché.
Elle permet non seulement de lisser le prix d’achat et de réduire l’impact de la volatilité dans le temps, mais elle retire aussi toute la charge mentale : plus besoin de chercher le « bon moment » pour investir.
🎯 Voici mon plan en détail :
- Capital de départ : Investissement progressif de 1 000 € sur 3 à 6 mois afin de lisser les points d’entrée.
- Versements mensuels : 100 € sont versés chaque mois vers le CTO via un virement permanent programmé.
- Exécution des ordres : Regroupement des achats par trimestre afin de limiter les frais de courtage.

⚠️ Le point clé : le rééquilibrage
Lorsque l’on investit sur plusieurs actifs, l’allocation initiale évolue naturellement avec le temps. Par exemple, si le Bitcoin surperforme fortement le MSCI World, sa part peut passer de 10 % à 20 % du portefeuille. Dans ce cas, le profil de risque change, même sans nouvel investissement.
Pour éviter cela, je procéderai à un rééquilibrage régulier en ajustant mes prochains achats afin de revenir progressivement vers mon allocation cible.
D’ailleurs, j’utilise mon propre outil pour automatiser tout ce processus. Si vous souhaitez vous aussi piloter votre portefeuille et gérer facilement vos rééquilibrages, découvrez mon Logiciel de Bourse sur Google Sheets :
Passons maintenant au point crucial : le choix de mon courtier.
III- Quel courtier choisir pour ouvrir un compte titre pour son enfant mineur ?
Une fois la stratégie validée, il reste une étape essentielle : choisir le bon intermédiaire.
Car même avec une bonne allocation, des frais trop élevés ou une plateforme mal adaptée peuvent pénaliser la performance sur le long terme.
Mais avant même de comparer les courtiers, il faut se poser une question fondamentale : à qui doit appartenir le compte ?
1- Faut-il ouvrir le compte-titres au nom de l’enfant ou du parent ?
Pour investir en bourse pour un enfant mineur, deux possibilités existent :
- Ouvrir le CTO au nom de l’enfant : Le compte appartient juridiquement au mineur. Les parents en assurent la gestion jusqu’à sa majorité, puis l’enfant récupère automatiquement la pleine disposition du capital à ses 18 ans.
- Ouvrir le CTO au nom d’un parent : Le compte reste juridiquement votre propriété. Vous gardez ainsi le contrôle du capital et choisissez librement le moment de la transmission.
En théorie, ouvrir un compte-titres au nom de son enfant est la solution la plus logique. Mais en pratique, peu de courtiers en ligne le proposent. À ma connaissance, seuls Bourse Direct et Fortuneo permettent aujourd’hui cette ouverture pour un mineur.
De mon côté, j’ai choisi d’investir via un compte-titres à mon nom, pour deux raisons principales :
- Garder le contrôle du capital : Je préfère transmettre progressivement ce patrimoine lorsque mon fils sera suffisamment mature pour comprendre les enjeux liés à l’investissement et à la gestion financière. L’objectif n’est pas seulement de lui transmettre un capital, mais aussi de l’accompagner progressivement dans son éducation financière.
- Diversifier mes courtiers : Mon courtier principal étant déjà Bourse Direct, je souhaitais utiliser une seconde plateforme afin de ne pas dépendre d’un seul intermédiaire. Cela me permet également de séparer plus clairement mes différents projets d’investissement.
À mes yeux, c’est aujourd’hui le schéma le plus cohérent pour construire ce portefeuille dans une logique patrimoniale de long terme.
Voyons maintenant quel courtier j’ai sélectionné pour mettre en place cette stratégie.
2- Pourquoi j’ai choisi DEGIRO ?
Après avoir comparé plusieurs courtiers, mon choix s’est porté sur DEGIRO.
Pour une stratégie d’investissement passive construite sur plusieurs décennies, c’est selon moi l’un des meilleurs compromis entre fiabilité, coûts réduits et simplicité d’utilisation.
Voici les trois raisons principales qui ont guidé ma décision.
A. Un courtier européen sérieux et facile à utiliser :
Pour investir pour mon enfant, j’avais des critères clairs : un courtier sérieux, régulé, basé en Europe et affichant de nombreux utilisateurs satisfaits. Je voulais aussi une plateforme simple à utiliser, avec un service client en français.
DEGIRO remplit toutes ces conditions. Créé en 2009 et adossé au groupe bancaire allemand flatexDEGIRO, le courtier bénéficie notamment de la supervision des autorités financières allemandes (BaFin) et néerlandaises (AFM).

Mais au-delà du cadre réglementaire, c’est surtout la simplicité de l’interface qui m’a convaincu. L’application est fluide, épurée et fonctionne aussi bien sur ordinateur que sur mobile. En quelques clics, je peux passer mes ordres sans me perdre dans des menus complexes.
C’est exactement ce que je recherchais pour le portefeuille de mon fils : une solution stable, accessible et parfaitement adaptée à ma stratégie.
B. Des frais compétitifs, même pour les petits ordres :
Quand on investit sur le long terme, les frais jouent un rôle majeur dans la performance finale. Quelques euros de frais de courtage peuvent sembler insignifiants à court terme. Pourtant, sur 20 ou 25 ans, des frais trop élevés peuvent représenter plusieurs milliers d’euros de performance perdue.
Avec DEGIRO, les frais restent parmi les plus bas du marché. Ce qui permet d’investir régulièrement, même avec de petites sommes, sans voir une partie de son effort d’épargne partir en commissions.

Prenons un exemple : Si on investit dans un ETF à raison de 300 € chaque trimestre (soit 1 200 € par an), les frais de transaction s’élèvent à seulement 12 € (3 € par ordre), soit 1 % du montant investi. Cela reste des frais très compétitifs pour investir via un compte-titres.

📌 Note : Certains néo-courtiers comme Trade Republic peuvent être encore plus compétitifs dans certains cas. Cependant, DEGIRO offre une polyvalence que je recherchais pour le CTO de mon fils, notamment l’accès aux actions américaines (2 € de frais, hors change) et aux cryptomonnaies (0,5 % par transaction).
Même si ma stratégie reste principalement centrée sur un ETF MSCI World, je souhaitais conserver cette flexibilité sur le long terme.
C. Investir facilement dans le Bitcoin :
DEGIRO permet d’accéder au Bitcoin et à certaines cryptomonnaies de manière simple et encadrée.
Pour cela, deux options sont disponibles sur la plateforme :
- L’achat direct de cryptomonnaies, avec une conservation assurée par leur partenaire agréé Tangany GmbH.
- Les ETP crypto (Exchange Traded Products), qui fonctionnent comme des ETF classiques.
Sur le plan fiscal, les deux approches diffèrent :
- L’achat direct de crypto relève du régime des actifs numériques.
- Les ETP crypto suivent la fiscalité classique des valeurs mobilières.
Dans mon cas, j’ai choisi l’achat direct de Bitcoin.
Cette exposition reste toutefois secondaire dans la stratégie globale du portefeuille, qui demeure très largement orientée vers un ETF MSCI World.
Ce choix me permet simplement de conserver une petite diversification tout en gardant l’ensemble du portefeuille sur une seule plateforme. Enfin, l’absence de wallet à gérer ou de clés privées à sécuriser simplifie fortement l’accès aux cryptomonnaies.
Pour vous donner un avis totalement objectif, il est important d’évoquer également certaines limites de la plateforme.
D. Les limites à connaître avant d’ouvrir un compte :
Même si DEGIRO reste selon moi un excellent courtier pour investir en bourse, certains points méritent d’être connus avant de se lancer :
- Compte étranger : DEGIRO étant un courtier néerlandais, il est nécessaire de déclarer l’existence du compte chaque année à l’administration fiscale française via le formulaire 3916, joint à la déclaration de revenus.
- Absence d’IFU : Contrairement aux courtiers français, DEGIRO ne fournit pas d’Imprimé Fiscal Unique (IFU). En revanche, un rapport fiscal annuel détaillé est mis à disposition pour faciliter la déclaration d’impôts.
- ETF “Tradegate” non transférables : DEGIRO propose une sélection d’ETF à 1 € de frais via la place boursière Tradegate. Attention, ces titres ne sont pas transférables vers un autre courtier. Pour le portefeuille de mon fils, je privilégie donc les places boursières classiques comme Euronext.
- Absence d’achat fractionné : Il n’est pas possible d’acheter des fractions d’actions ou d’ETF. Seules les cryptomonnaies peuvent être achetées de manière fractionnée.
Malgré ces quelques contraintes, DEGIRO reste selon moi l’un des meilleurs courtiers du marché.
🎁 Mettre en place cette stratégie avec DEGIRO :
Si vous souhaitez mettre en place cette stratégie d’investissement pour votre enfant, vous pouvez ouvrir un compte chez DEGIRO via le lien ci-dessous :
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En utilisant ce lien, vous contribuez également à soutenir le travail de recherche et de partage réalisé sur ce blog, sans coût supplémentaire pour vous. Merci pour votre soutien !
Passons maintenant à un point souvent sous-estimé : l’optimisation du compte-titres.
IV- Comment optimiser un compte-titres (CTO) sur le long terme ?
Investir pour son enfant, c’est accepter de voir loin. Pour que ce capital porte ses fruits dans 20 ou 25 ans, il ne suffit pas de choisir les bons supports. Il faut surtout éviter que la performance ne soit grignotée par les frais, la complexité ou une fiscalité mal maîtrisée.
Commençons par le levier le plus immédiat : les frais.
1- Optimiser la performance : frais, stratégie et discipline
La performance ne dépend pas de la capacité à anticiper les marchés, mais de la rigueur avec laquelle on applique des principes simples au quotidien.
- Réduire les frais au maximum : Sur 25 ans, une différence de 1 % de frais peut représenter des dizaines de milliers d’euros. Même avec un courtier compétitif, il faut adapter la fréquence de vos achats en fonction des frais pratiqués. Par exemple, si un ordre de 100 € coûte autant qu’un ordre de 500 €, il est préférable de regrouper ses achats pour se rapprocher de ce montant afin de limiter les frais de courtage.
- Simplifier le portefeuille : Un portefeuille simple est un portefeuille qui dure. Un ou deux ETF suffisent largement pour garder une vision claire et éviter des rééquilibrages complexes.
- Rééquilibrer via les apports : Plutôt que vendre vos titres (et générer frais et fiscalité), ajustez simplement vos nouveaux investissements vers les poches sous-pondérées.
- Maîtriser ses points d’entrée : Évitez les ordres au marché. Utilisez toujours un ordre à cours limité pour mieux maîtriser votre prix d’achat et éviter des écarts de prix inutiles (spread).
- Rester discipliné : Investissez régulièrement, sans chercher à anticiper le marché. En investissant à intervalles réguliers, vous achetez plus de parts quand les prix sont bas et moins quand ils sont hauts, tout en vous protégeant du stress des marchés.
En résumé, optimiser un CTO revient surtout à simplifier sa gestion : peu de lignes, peu de mouvements, des apports réguliers et des ordres maîtrisés. Le meilleur levier pour votre enfant reste le temps, pas la complexité.
Passons au point concernant la fiscalité.
2- Optimiser la fiscalité d’un compte titres :
Le CTO est soumis à l’imposition des dividendes et des plus-values en cas de revente. Mais rassurez-vous, l’optimisation fiscale d’un compte-titres repose sur des principes simples et accessibles :
- Le report d’imposition naturel : Tant que vous ne vendez pas vos positions, vous ne déclenchez aucun impôt. Votre portefeuille continue donc de capitaliser sans friction fiscale.
- Les ETF capitalisants (Acc) : Privilégiez absolument les ETF dits « Accumulants » qui réinvestissent automatiquement les dividendes au sein du fonds. Cela permet d’éviter une imposition annuelle et de laisser le capital croître de manière continue.
- La transmission comme levier fiscal : C’est l’atout maître du CTO. Si vous transmettez ces titres à votre enfant via une donation, la plus-value est intégralement « purgée ». Les impôts sur les gains accumulés pendant 20 à 25 ans disparaissent purement et simplement. C’est l’avantage fiscal ultime pour lui transmettre un capital net d’impôt.
L’idée n’est donc pas de multiplier les optimisations complexes, mais de structurer correctement son portefeuille dès le départ pour laisser le temps et la capitalisation jouer leur rôle.
Voyons maintenant le compte-titres de mon fils après quelques mois d’investissement.
V- Le suivi du compte titre de mon enfant (et mon outil de pilotage) :
Investir pour l’avenir de son enfant n’est pas un projet abstrait : c’est une routine financière qui se construit progressivement, mois après mois, grâce à la régularité et au temps.
Et pour mon fils, ce projet est désormais bien réel. Après tout ce travail de réflexion et de sélection, la stratégie se matérialise enfin et son portefeuille prend vie.
1- Le compte-titres de mon fils sur DEGIRO :
J’ai ouvert le compte-titres destiné à mon enfant le 09/02/2026, soit trois semaines après sa naissance.
Après un versement initial, puis trois mois d’investissements réguliers, voici l’état actuel de son portefeuille depuis l’interface DEGIRO :

Au moment de cette capture, le portefeuille affiche une valeur de 1 579,10 € (pour 1 500 € investis), soit une plus-value latente de 79,10 €.
📌 Note : Sur la capture d’écran, DEGIRO affiche un P/L cumulé de 84,86 €. Cet écart de 5,76 € par rapport à la plus-value latente (79,10 €) correspond simplement au solde espèces encore non investi, qui est intégré à la valorisation globale du compte.
Mais au-delà des chiffres, le plus important pour moi reste d’avoir mis cette stratégie en place le plus tôt possible pour mon fils.
Et si l’interface de DEGIRO est parfaitement adaptée pour investir facilement, elle reste, comme beaucoup de courtiers, relativement limitée pour assurer un véritable suivi patrimonial sur le long terme.
On ne retrouve pas, par exemple :
- Un suivi précis et visuel du portefeuille et de son allocation,
- Le calcul automatisé des rééquilibrages,
- Une mesure de la performance réelle intégrant le timing des apports,
- Une comparaison automatique de la performance avec un benchmark.
C’est précisément pour répondre à ces besoins que j’utilise aujourd’hui mon propre outil, afin de centraliser et d’automatiser l’ensemble de cette gestion.
Voyons maintenant comment il me permet de piloter sereinement le portefeuille de mon fils… et comment il peut vous aider à faire la même chose.
2- Comment je pilote le compte-titres de mon fils grâce à mon Logiciel de Bourse :
Développé sur Google Sheets, cet outil n’a pas pour objectif de remplacer mon courtier, mais de combler ce qu’il ne permet pas de faire : une vision globale, une analyse claire et un véritable pilotage de la stratégie dans le temps.
Concrètement, il permet de suivre son portefeuille en temps réel, de mesurer et comparer sa performance à des benchmarks et de faciliter les rééquilibrages.
Voici comment se structure le suivi du portefeuille de mon fils à travers les principales fonctionnalités de l’outil :
- Vision globale du portefeuille : Mes actions, ETF et cryptos sont regroupés au même endroit. Je visualise instantanément la répartition réelle et la performance de mes actifs via un tableau de synthèse et des graphiques épurés.

- Rééquilibrage automatique : Il suffit d’indiquer le montant à investir et l’outil calcule automatiquement le nombre de titres à acheter pour respecter mon allocation cible.

- Suivi de la performance réelle : Le logiciel intègre chaque flux de trésorerie pour calculer la performance exacte du portefeuille et la comparer à deux benchmarks de mon choix.

Grâce à cet outil, le suivi de ma stratégie reste simple et ne me prend que quelques minutes par mois.
Que ce soit pour votre propre portefeuille (PEA et CTO) ou pour préparer l’avenir de vos enfants comme moi, cet outil vous permettra de transformer une stratégie d’investissement en système clair, automatisé et durable.
Passons maintenant au dernier chapitre de ce guide, dédié à la transmission du capital.
VI – Comment transmettre un compte-titres à son enfant : la donation de titres
Transmettre les actifs financiers logés dans un Compte-Titres Ordinaire (CTO) est l’une des stratégies patrimoniales les plus efficaces pour préparer l’avenir de son enfant. Ce mécanisme permet un double coup de maître : construire progressivement un capital sur plusieurs années et optimiser la fiscalité lors de la transmission.
Dans le cadre d’un investissement pour un mineur, cette approche présente un autre avantage majeur : en ouvrant le compte à votre nom, vous conservez la maîtrise absolue du portefeuille pendant toute la minorité de votre enfant avant de lui transmettre les titres au moment que vous jugerez le plus opportun.
Sans entrer dans des montages complexes, voici les grands principes de la donation de titres et les réalités pratiques à anticiper.
1- Le principal intérêt fiscal : la transmission et la neutralisation des plus-values
Ouvrir un compte-titres à votre nom pour son enfant soulève une question centrale : comment lui transmettre ce capital, sans passer par la case impôt ?
La réponse réside dans la donation de titres en pleine propriété.
Concrètement, au lieu de vendre les actions ou les ETF (ce qui déclencherait la Flat Tax de 30 % sur vos gains) pour donner du cash à votre enfant, vous lui transférez directement les lignes de titres de votre compte-titres vers le sien.
Ce mécanisme offre deux avantages fiscaux majeurs :
- L’abattement parent-enfant : Chaque parent peut transmettre jusqu’à 100 000 € par enfant tous les 15 ans sans aucun droit de donation à payer. Un couple peut donc transmettre 200 000 € d’actifs sans fiscalité.
- La purge des plus-values : C’est le véritable « cadeau » du fisc. Au moment de la donation, le compteur des plus-values est remis à zéro. Le prix de revient des titres pour votre enfant devient la valeur de l’action ou de l’ETF au jour de la donation. S’il décide de les vendre le lendemain pour financer ses études ou un premier achat immobilier, les gains réalisés pendant toute son enfance échappent totalement à l’impôt.
📌 À noter : Si la valeur totale du portefeuille dépasse les abattements disponibles au moment du transfert, des droits de donation s’appliqueront uniquement sur la fraction excédentaire. Sur le plan administratif, cette opération se déclare très simplement via un formulaire de don manuel (2735) ou par acte notarié.
Voyons maintenant comment j’ai planifié cette étape avec mon propre courtier.
2- Mon organisation avec DEGIRO : ce que j’ai prévu pour mon fils
Pour ma part, j’ai choisi d’investir via un Compte-Titres Ordinaire ouvert chez DEGIRO, principalement pour ses frais réduits, son accès très large aux marchés internationaux et sa simplicité d’utilisation.
Ce compte est ouvert à mon nom, mais il est exclusivement destiné à être transmis à mon fils à sa majorité, en fonction de ses besoins futurs (études, projet immobilier, etc.). L’objectif est de lui transmettre ce capital via une donation de titres.
Dans les faits, cette transmission ne pourra pas s’effectuer directement depuis DEGIRO. À ce jour, le courtier ne propose pas de dispositif interne de donation de titres entre particuliers. Cette situation aura sans doute évolué d’ici 20 ans, mais il est plus prudent de planifier une alternative dès maintenant.
Ma stratégie consistera donc à suivre les trois étapes suivantes le moment venu :
- Le transfert : Transférer le CTO Degiro vers un courtier français compatible avec les opérations de donation (comme Bourse Direct ou Fortuneo).
- L’ouverture : Ouvrir un compte-titres ordinaire au nom de mon fils auprès de ce même établissement.
- La donation : Procéder à la donation de titres de compte à compte (avec l’aide d’un notaire pour sécuriser l’acte).
Cette organisation permet de transmettre les actifs sans liquidation du portefeuille, ce qui évite une vente et donc une fiscalité immédiate sur les plus-values.
Sur le plan fiscal, les plus-values latentes ne seront pas imposées en tant que telles au moment de la donation. La valeur retenue correspond à la valeur des titres au jour de la transmission et devient la nouvelle base fiscale pour mon enfant.
En cas de revente ultérieure par mon fils, seule la performance réalisée après la donation sera soumise à la Flat Tax.
Pour conclure : Construire aujourd’hui pour transmettre demain
Investir pour l’avenir de son enfant est l’un des projets patrimoniaux les plus puissants que l’on puisse mettre en place. Comme nous l’avons vu tout au long de ce guide, le Compte-Titres Ordinaire (CTO) offre une grande liberté d’investissement et constitue un outil particulièrement intéressant dans une logique de transmission à long terme.
La force de cette stratégie ne réside pas dans des mécanismes complexes, mais dans la régularité et la simplicité. En mettant en place des versements automatiques et une allocation cohérente, l’investisseur laisse le temps travailler en sa faveur et construit progressivement un capital destiné à son enfant.
L’objectif n’est pas de « timer le marché », mais de rester constant sur plusieurs années, en laissant les intérêts composés faire leur travail.
Il ne reste finalement qu’une chose : commencer. Même modestement, l’essentiel est d’engager la démarche et de la maintenir dans le temps.
💬 Et vous, quelle approche avez-vous choisie pour préparer l’avenir de vos enfants ? CTO, assurance-vie, ou autre stratégie patrimoniale ? N’hésitez pas à partager votre expérience ou vos questions en commentaire, je les lis toutes avec attention.




📊 Derrière le portefeuille présenté dans cet article, il y a surtout une méthode de pilotage simple et automatisée.
Pour suivre mes investissements, calculer mes rééquilibrages et mesurer ma performance réelle, j’utilise mon propre Logiciel de Bourse sur Google Sheets.
C’est ce qui me permet aujourd’hui de gérer le portefeuille de mon fils en quelques minutes par mois seulement.
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